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Le 04-08-2008
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(Funchal)- Au petit matin, l’A.35 Un monde qui bouge a passé Sao Lourenço, pointe Est de Madère. Profitant d’une brise soutenue, Stéphane Névé et Jean-Baptiste L’Ollivier n’ont pas mis longtemps à rejoindre la marina de Quinta do Lorde. Le vent refusant à quelques encablures de la ligne, Stéphane Névé n’a pas hésité à se mettre au rappel, afin de ne pas lâcher la moindre seconde. Sous un ciel encore hésitant entre les nuages de la nuit et le soleil levant, Un monde qui bouge a coupé la ligne à 8h, 16 minutes et 8 secondes (heure locale).
 
Stéphane Névé et Jean-Baptiste L’Ollivier en vainqueurs (temps réel) à Madère

Les traits reposés, à peine plus fatigués (en apparence) qu’à la sortie d’un parcours banane en baie de Quiberon, Stéphane Névé et Jean-Baptiste L’Ollivier ont répondu aux questions des journalistes français et portugais. Morceaux choisis des déclarations de Stéphane Névé

« C’était une très belle course. Avec des journées très dures, mais fort heureusement, dès le lendemain, des plages plus calmes pour se reposer. Au niveau de la fatigue, on a souvent été dans l’ « orange », et plus rarement dans le « rouge ». J’ai parfois eu beaucoup de mal à réveiller Jean-Baptiste (Rire des deux complices encore à bord). On a eu une première nuit un peu hard dans le Golfe de Gascogne, avant de choisir une option Sud, qui s’est avérée payante. Notre analyse de la situation météo était bonne. Le second et plus gros coup de baston, on l’a subi à 40 milles au large du Cap Finisterre. On a fini sous solent seul arrisé, avec 40 nœuds de Sud-Ouest établi. Ensuite, le vent a lentement basculé à l’Ouest puis au Nord. On est monté au speedo à 22,8 nds, sous spi lourd. Un record de vitesse pour le bateau. ».



A Quinta do Lorde, les organisateurs attendent désormais deux solos Philippe Massu (Equipages center, A.35), pointé à 6 milles de l’arrivée à 9h15. Jean-Pierre Kelbert (Partouche, JPK 960) est en troisième position à une trentaine de milles.



Philippe Massu premier des solos à Madère

Funchal.- Changement de décor pour l’arrivée de Philippe Massu, premier des solos. Au petit jour un peu gris des vainqueurs en double, une heure et demie plus tôt, a succédé un franc et généreux soleil. A bord de son A.35 Equipages center, le navigateur rochelais avait également l’air plus fatigué que Stéphane Névé et Jean-Baptiste L’Ollivier. Et pour cause ! Privé de pilote dès le deuxième jour, Philippe Massu a dû se priver de sommeil et se mettre en fuite dans les grains les plus forts, ne pouvant affaler sa grand-voile seul sans pilote. Pour finalement couper la ligne à 9h59, soit très peu de temps après le premier des doubles. Cela ne fait que renforcer sa performance.

Pourtant, sur le ponton de la marina de Quinta de Lorde, Philippe Massu pestait contre ces problèmes mécaniques : « Je n’ai absolument pas pu naviguer comme je le voulais et comme je m’y étais préparé. J’ai explosé deux spis hier en deux heures de temps. A ce moment là, j’étais devant Un monde qui bouge. Et en perdant le deuxième spi, le pilote de secours a encore décroché. Le bateau est parti à l’abattée. Je me suis retrouvé à l’eau, pendu à mon écoute de spi. ça refroidit ! Autre problème, dans les grains les plus forts, je ne pouvais pas affaler ma grand-voile. J’ai dû me mettre en fuite, en perdant beaucoup de temps ».



Et malgré tous ces problèmes, ces frayeurs et cette semaine de navigation sans véritable sommeil réparateur, Philippe Massu remporte assez largement la première étape en solo. Cela en dit long sur ses talents de régatier et sa détermination.



Jean-Pierre Kelbert deuxième des solos

Funchal. L’arrivée de Jean-Pierre Kelbert sur les pontons de la marina Quinta do Lorde a sans conteste été la plus chaleureuse de la journée. Les retrouvailles du skipper du JPK 960 Partouche avec sa femme et ses deux jeunes enfants ont été très touchantes, avec force cris et larmes de joie. Jean-Pierre Kelbert rayonnait aussi de bonheur : « J’ai vécu une expérience extraordinaire. Merci de m’avoir permis de la vivre », a-t-il lancé à Mico Bolo, directeur de course de la Transquadra.

Deuxième des solos, l’architecte-constructeur du JPK a réussi une belle performance en coupant la ligne à 18h41 (heure locale). Même s’il éprouve le regret d’avoir « explosé » son spi lourd le long des côtes portugaises, au niveau de Lisbonne. « Je naviguais entre 13 et 18 nœuds. C’était génial. En revanche, l’intérieur du bateau faisait un bruit de machine à laver ».

Privé de spi lourd, Jean-Pierre Kelbert a dû ensuite se contenter de naviguer sous gennaker. « Evidemment, j’allais moins vite » se lamente-t-il.

Mais le bonheur d’avoir réalisé une belle première étape a vite repris le dessus. Et pourtant, le solo, « c’est vraiment dur ».



Jean-Marie Biette