Actualités
 
Le 02-08-2008
Les leaders tout schuss vers Madère

 
Avec des moyennes oscillant entre 9 et 12 nouds, les concurrents de tête devraient rallier Madère en moins de 48 heures. De plus, l'anticyclone des Açores et la dorsale qui l'accompagne génèrent des vents portants et soutenus jusqu'à l'arrivée. Les carènes en forme de luge n'ont plus qu'à glisser de bonheur.
 
(A bord de Batojano, Sun Odyssey 49 i)

A 7h40 ce samedi matin, Philippe Massu n'était plus qu'à 398 milles de Madère. Le skipper d'Equipages center (Archambault 35), leader en solo,
nous raconte sa nuit « d'anthologie » : « A 3 h 30 la nuit dernière j'étais allongé, confiant, dans le cockpit. Et tout d'un coup, départ au lof, le bateau en vrac. Je prends la barre, nouveau départ au tapis. L'anémomètre affiche 37 nds !! J'affale le grand spi, range tout, change de drisse et envoie le petit, qui est génial. Le A.35 est top, toujours
entre 9 et 12 nouds ».
Dans le sillage de Philippe Massu, les JPK 960 font bonne figure en occupant les deux autres marches du podium (Partouche, Jean-Pierre Kelbert, architecte et constructeur du bateau), suivi du Préfaillais Thierry Caribaux (Vil Coyote).

En doubles, l'A.35 « Un monde qui bouge » mène la danse. Nul doute que les adeptes du « plaisir et de la gagne » que sont Stéphane Névé et Jean-Baptiste L'Ollivier vont tout mettre en ouvre pour aller «
chatouiller », voire plus, le tableau arrière de Philippe Massu. Ils devancent Les Herbiers entreprises de 26,5 milles et Milin 3D (Dufour 425) de 42 milles. A son bord, Yves Glemot, coéquipier de Pierre-Yves Demoulin, nous a fait parvenir des nouvelles fraîches et visiblement heureuses : « C'est parfait ! Nous sommes là où nous voulions être et on glisse vers Madeira à 10 nds. On est super bien.
Lors de mon quart je me suis confectionné un petit siège en bout suspendu entre les 2 winchs de la descente que Pierre-Yves apprécie
également. Au quart suivant j'ai ajouté du confort : un dossier et un support niveau genou soft. De surcroit il s'incline comme une chaise longue a notre guise : top avec sa vue sur mer ! »

En quatrième position, le jovial et dynamique Thierry Musset, et son coéquipier Didier Six (FBI, A.35), réalisent une remontée spectaculaire, à seulement 45 milles des leaders.

En revanche, les frères Jérôme et Antoine Croyere (ATR Team Winds, A.35), longtemps leaders, ont reculé en 17e position à 76 milles des
premiers. Une mésaventure qu'ils prennent avec philosophie, humilité et une belle sportivité : « Après une traversée du Golfe de Gascogne qui
nous a plutôt souris, nous avons bien mal négocié le passage du Cap Finisterre. De la tête de la course, nous voici désormais bien loin dans le classement. Nous avons connu quelques péripéties : la drisse de grand
voile partie en l'air par suite de la rupture d'une manille. On a dû envoyer Jérôme en haut du mat hier soir dans une baie abritée à côté de
Camarinias. Une bonne heure de perdue sans parler de
la GV qu'on ne portait plus depuis 24 H qu'avec un ris sur une drisse de spi ; impossible de recevoir des fichiers grib (météo) pendant plus de
24 h, la cause en étant la perte de la boule de la souris du pc... On l'a retrouvée ce matin dans un spi ! Et surtout le vérin du pilote (hors service) ce qui nous oblige à barrer tout le temps et à effectuer seul
les manoeuves. Nous sommes très impressionnés par les performances de Philippe Massu qui nous donne une vraie leçon. Le moral reste bon et on essaie de recoller au bateaux de devant ».

Plus loin au classement, mais pas au mérite, le restaurateur nantais Antoine Ruffault, coéquipier d'Antoine Lemarchand (First 31.7 Lem équipements) fait, un brin désabusé, contre mauvaise fortune bon cour, tant la météo leur joue de vilains tours : « Mais enfin, maintenant que le vent a un peu tourné, c'est le manque de vent qui nous piège. C'est à se demander s'il ne faut pas retourner au près. Il y a deux jours, quand nous étions au près dans le mauvais temps, Antoine m'avait demandé si cela n'était pas trop dur, je lui avait répondu alors que je préférais encore cela à une bonne pétole. Eh bien c'est ce qu'on a depuis 3 heures, on n'est même cap sur Madère. ».

Jean-Marie Biette