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Le 15-02-2009
Quand Transquadra rime avec courage ...

 
Pour qu’une course soit belle, il faut savourer la joie des vainqueurs, bien sûr. Mais aussi celles de concurrents ayant collectionné galères et infortunes de mer dans leur sillage. C’est le cas d’Antoine Lemarchand et Alain Ruffault, dont le bonheur de mettre enfin un pied à terre faisait plaisir à voir.
 
Les traits tirés, un beau cocard à l’œil droit, Alain Ruffault a libéré hier midi des heures de souffrance en racontant, encore et encore, son histoire de « déplacement du col du fémur ».

« Au 3e jour de course, j’ai passé mon quart de nuit à bloquer le palan de grand-voile pour ne pas réveiller Antoine Lemarchand (skipper du First 31.7 Lem Equipement). Le lendemain matin, je ne pouvais plus poser un pied à terre. J’ai diagnostiqué un déplacement du col du fémur, car cela m’est déjà arrivé. Pendant six jours, je me suis bourré de calmants, en essayant de résoudre le problème en téléphonant à des médecins, au Cross Gris Nez, qui m’a mis en rapport avec le CHU de Toulouse ».

Rien à faire, la douleur ne diminue pas. Il ne s’en vante pas, mais le charismatique restaurateur nantais a tenu à assurer tous ses quarts. Ce n’est que six jours plus tard qu’Alain Ruffault a réussi à faire cesser ses douleurs de hanche, en parvenant à imiter une manipulation qu’un kiné lui avait déjà faite à Porto Santo.

Pour corser encore un peu cette Transquadra, les deux coéquipiers ont dû naviguer avec une bôme cassée, sans oublier une retenue de bôme qui a lâché brutalement, blessant Antoine Lemarchand à la nuque et son coéquipier à l’œil.

Pour autant, leur bonheur de passer la ligne ce jeudi matin était intense. Comme celui de tous les concurrents qui terminent leur traversée avec force bobos et casse à bord.

Jean-Marie Biette