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Le 12-02-2009
Jean-Pierre Kelbert : « Je n’ai jamais ressenti une joie aussi profonde »

 
Constructeur de son bateau, le JPK 960, le Lorientais Jean-Pierre kelbert a remporté à 44 ans une belle victoire pour sa première Transquadra en solo. Il revient sur les temps forts de la traversée entre Porto-Santo et Le Marin en Martinique.
 
Le stress du solo : « En 2006, j’avais effectué la traversée en double avec Hervé Perroud. En solo,, cela n’a rien à voir. C’est beaucoup plus stressant. Il n’y a jamais de vrai plaisir en solitaire. On ne peut pas se « lâcher » complètement. Heureusement que mon bateau est assez tolérant pour les fautes de barre ou de réglage. En revanche, le bonheur d’arriver et de gagner est proportionnel aux difficultés de naviguer en solitaire. Je n’ai jamais connu une joie aussi profonde en course qu’à mon arrivée au ponton dimanche soir ».

Météo : « Tout d’abord, j’ai fait ma course sans tenir compte des autres bateaux. J’avais décidé de faire une route plutôt Sud, mais pas trop, en me fixant un point à atteindre, 25° Nord-25° Ouest. De là, j’étais certain d’avoir des alizés assez soutenus pour bien faire marcher mon bateau. Durant la première semaine, j’ai eu du mal à trouver les bons couloirs de vent. Ensuite, j’étais dans le bon tempo. Avec des vents oscillant entre 20 et 25 nœuds, le bateau marchait super bien ».

Fin de course : «Je me suis blessé à la cheville et aux cotes en tombant du mât pour défaire un cocotier dans le spi. J’ai fait avec (sourire).
Quatre jours avant l’arrivée, j’ai explosé mon spi lourd, puis mon gennaker un quart d’heure plus tard ! Il ne me restait plus que mon grand spi. C’était évidemment très sportif, surtout dans les grains. En fait, je laissais le pilote barrer et je me suis mis à l’écoute. En larguant 10 cms d’écoute, ou en reprenant, je parvenais à remettre mon bateau dans les bons rails. Un vrai bonheur ! »

Dernière minute : souffrant d'une cheville et du thorax, Jean Pierre Kelbert a fait des radios cet après midi au Marin, et le diagnostic est clair : une fracture du dessus du pied et trois côtes cassées ....

Propos recueillis par Jean-Marie Biette