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Le 08-02-2009
LES FRERES CROYERE PREMIERS SUR LA LIGNE D'ARRIVEE ...

 
ATR TEAM WINDS a franchi la ligne d'arrivée à 2h29 TU.
Il précède TCHOUK TCHOUK NOUGAT et UN MONDE QUI BOUGE soit trois A35 en tête en temps réel
 
ANTOINE ET JEROME CROYERE à bord de leur A’35 « ATR TEAM WINDS »
remportent avec une grande classe, la deuxième manche de cette sixième édition de la Transquadra dans la flotte des Doubles.
Le premier Solitaire devrait arriver dans moins de 24 heures.


C’est à 22 h 29’ 23’’ heure locale (3 h 29’23’’ h.fr.) qu’ATR Team Winds a franchi la ligne d’arrivée tendue au large de Pointe Marin, après avoir contourné l’ilet Cabrits au Sud de la Martinique. Trois heures et demie plus tard, la Marina du Marin accueillait un deuxième A 35 , « Un Monde qui bouge », concurrent redouté puisque vainqueur de la première étape mené par les Bretons Stéphane Névé et Jean Baptiste l’Ollivier. C’est le J122 « Formatives » de Jean Marie Patier et Jacques Vincent qui devrait compléter le podium avant le lever du soleil.

« Nous voulons dédier cette course à une personne qui a beaucoup compté pour nous. Jérôme et moi, avons passé au moins un an à ses côtés, c’est Eric Tabarly. Premiers mots d’Antoine Croyère, l’aîné des deux frères, devant un ponton d’amis et familles de concurrents venus les acclamer. J’ai fait un Tour du Monde, ma première Whitbread, à bord de Penduick VI. Jérôme a participé plus tard à de nombreuses courses à ses côtés. Nous sommes des vieux boulingueurs, nous travaillons souvent à la façon Tabarly… C’est un peu rustique, mais ça fonctionne ! »

Apercevant Catherine Chabaud sur le ponton : « On s’est bien taquiné avec ton mari ! Ils ont très bien navigué », mais la navigatrice qui s’était désistée au profit de Jacques Vincent pour la deuxième étape n’a pas transigé «Peut-être, mais il n’y a qu’un vainqueur, c’est vous ! ».

Les conditions de navigation : « C’était formidable, des Alizés puissants, une moyenne de 25 nœuds et des grains atteignant souvent 40 nœuds en un rien de temps … Nous n’avions presque rien cassé et pensions avoir tout neuf jusqu’à l’arrivée, et subitement il y a trois jours, on a tout perdu ! A l’arrière, un étai pendouille sur le balcon… il a rompu sans prévenir ! »
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« Même avarie chez leur dauphin de "Un monde qui bouge", un étai cassé sans crier gare et gardé sous silence pendant dix jours. Le coup de vent du 11ème jour de course a également causé la rupture de la drisse de capelage de spi : « Nous en avions tellement marre de barrer dit Titou, (JB L'Ollivier pour tous) que nous avons décidé de tangonner le génois, nous avons constaté que nous gardions une aussi bonne vitesse , 14 – 15 nœuds, sans y toucher ! de dépit nous sommes descendus dormir trois heures d’affilée. «


Le ryhtme Croyère : Une heure sur le pont, une heure de sommeil « Nous avons beaucoup barré. Jérôme surtout. Nous nous sommes fixés des rotations très courtes d’une heure seulement en engrangeant un maximum de sommeil le jour. Etonnant ? Non, il nous semble plus difficile de rester concentré et réactif pendant la nuit. Il faut être plus vigilant, on reporte parfois une manœuvre à plus tard …Alors que notre système nous permet d’aborder la nuit en pleine forme, d’être le plus souvent à deux sur le pont et finalement, c’est peut-être la nuit que nous avons fait la différence ! "

Les jeunes quadras d’ »Un Monde qui Bouge » n’ont également sollicité le pilote automatique que dix heures sur les quatorze jours de course, «Beaucoup de portant, il fallait négocier chaque vague »

Pourquoi la Transquadra ? Antoine Croyère : « J’ai 60 barges, j’aime la course, La Transquadra permet de prouver que l’on peut encore faire quelque chose ! Il ya une vraie vie pendant cette course, on reçoit les classements, on est très tendu. En fait on régate tout le temps. Je la referai peut-être. »

Leur bateau : « Nous avons lu sur le site de la course que les A 35 pourrait être favorisés par leur ligne en forme de « Luge »… mais pas du tout, ce n’est pas une carène planante, c’est un bateau un peu lourd et qui marche à toutes les allures, nous en sommes très contents ».

Un lièvre non-classé : Le voilier « Tchouk-TchoukNougat » a rejoint le ponton des concurrents dans la nuit. Il ne figure pas au classement. Edouard Danel avait pris le départ de la première manche en Solo. Contraint à l’abandon, il a tout de même souhaité participer à la deuxième étape en double avec Daniel Jouanin, parcours dans lequel ils ont démontré beaucoup de talent et de ténacité, jouant au contact de la tête de la flotte de bout en bout de la traversée.


Les vainqueurs de l’étape : Des Gentlemen trinitains, fidèles à leur fief et baroudeurs...

Jérôme, 52 ans, et Antoine, 59 ans, ont été à la meilleure école qui soit, avec Eric Tabarly sur Penduick VI autour du monde dans les années 75 ! Depuis ils sont toujours sur l’eau, partout où leur démon de la compétition ou leur esprit baroudeur les mènent, souvent ensemble, parfois sur des bateaux différents.
Antoine le prouve encore aujourd’hui. A peine arrivé, il partira rejoindre Michel Horeau au Sénégal pour préparer le départ de « Rame Guyane », un raid de «Galériens » comme il les aime. Il a vécu 23 ans en Guyane et n’a pas dissimulé son bonheur de retrouver les odeurs et les ambiances créoles des Caraïbes.
Jérôme est ébéniste de formation. Il y a quelques années, il a créé à Nantes un chantier spécialisés dans la construction de petits bateaux à moteurs électriques. De nombreux modèles naviguent sur l’Erdre, il s’occupe de leur commercialisation et location.
En mer, leurs amis leur accordent une sérénité et un calme rare, très britannique.

Rappel des premières heures d’arrivée

1 – ATR Team Winds – A et J Croyère arrivés à 2 h 29’ 23’’ TU
2 – Un Monde qui Bouge – S. Névé et J-B L’Ollivier : 5 h 39’ 59’’ TU

Le prochain attendu est FORMATIVES, le J 122 suivi de LUHONA, Kaidoz 31.

Gwenola Gallois